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  • : Le blog de Michel BOCQUET
  • Le blog de Michel BOCQUET
  • : Michel BOCQUET, Ingenieur agronome, consultant en apiculture ; conseil et expertise dans les domaines liés à l'abeille, les produits de la ruche, la pollinisation, l'utilisation des abeilles comme bioindicateurs de l'environnement. Michel BOCQUET, Agronomist, apiculturist : specialist in honeybees, bee products, pollination, environment monitoring with bees as bio indicator.
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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 20:52
English summary : Is it necessary to stimulate the colonies in spring ? generaly not, this is a risky bet, and can generate economic losses, swarming, etc. Stimulation must be used just for specific aims as queen rearing, pollination, or such purposes.

Resumen español : estimular a las colmenas es riesgoso y puede provocar enjambres, gastos de plata, hasta muerte de hambre. Se puede usar en ciertos casos, como la polinizacion, o crianza precoz, o por aprovechar de las primeras mieladas.


L'hiver s'éternise et l'apiculteur s'impatiente alors  que le saule montre a peine le bout de ses chatons et que les abeilles ont eu du mal a collecter les pollens de noisetiers.

Se pose alors la question de stimuler ou pas les colonies, pour accélérer un peu le démarrage de la saison.

C'est une opération qui reste risquée : elle doit être pratiquée avec discernement, et dans un but très précis :
- faire de l'élevage précoce de reines ou de mâles, pour disposer de reines fécondées au moment du colza ou du pissenlit par exemple.
- obtenir des ruches assez fortes pour assurer les pollinisations précoces dans de bonnes conditions.
- augmenter la population de butineuses disponible sur les premières miellées.
Image1.jpg

Quels sont les risques ?

- l'essaimage : une stimulation brutale génère un excédent d'une génération qui entrainera avec une grande probabilité un essaimage 6 semaines plus tard. Il faudra être prêt pour l'échéance !
- la mort de faim : stimuler entraine une croissance de population plus importante que ce que le climat suggère à l'abeille ou ce que la flore lui propose. Cette population surconsomme par rapport à la ressource disponible, et en mars/avril on peut aboutir à une disette entrainant jusqu'à la mort de la colonie. A surveiller donc !
- les déséquilibres au sein du nid à couvain : trop de couvain par rapport à la capacité d'alimentation des nourrices(disettes ponctuelles ou prolongées, mauvaise qualité de la gelée nourricère) ou par rapport à la capacité de régulation thermique de la grappe d'abeilles (risque de refroidissement), apport d'aliments difficiles à digérer  en contre saison (risque accru de nosemose), etc.
- Le travail inutile : la stimulation ne fonctionne pas systématiquement, certains types d'abeilles ne réagissent pas très bien aux stimulations (abeilles noires), les aliments éventuellement apportés ne sont pas toujours bien consommés (sirops, pâtes protéinées), les ressources en protéines peuvent ne pas être au rendez vous (pas de floraisons), la température peut être trop basse et la grappe trop petite pour réagir à la stimulation.
.
Quels sont les stimulants utilisables  ?

- candi : son effet stimulant reste limité, il joue plutot un role de complément alimentaire de fin d'hiver.
- sirop  50/50 : très stimulant, mais attention à l'apport d'humidité trop tôt en saison. Son utilisation n'est possible que si la température est suffisante et que les colonies ont déja bien amorcé leur développement.
- pates protéinées : si elles sont bien consommées, elles donne un bon coup de fouet à la colonie, mais encore faut il que les abeilles les utilisent, elles consommeront en priorité le pollen des fleurs. C'est une technique assez pointue et chère, à réserver à des cas bien précis.

Donc : faut il stimuler les colonies ? Non en règle générale, oui dans des cas particuliers, à condition de suivre de très près les colonies, et d'assumer les conséquences de la stimulation.

La colonies d'abeilles dispose de régulations complexes qui lui permettent de contrôler son développement en fonction du climat, des floraisons, et de sa population, laisser ces régulations se dérouler normalement est en général la décision la plus sage pour un bon déroulement de la saison, la colonie saura s'adapter toute seule dans la plupart des cas. 

Rappelons que le démarrage de la saison apicole est très variable d'une année à l'autre, ci dessous on voit l'effet du climat sur l'utilisation du potentiel floral semaine après semaine au fil des saisons entre 2005 et 2008 sur un rucher bioindicateur. On notera en particulier la différence de 6 semaines entre le démarrage de la saison en 2005, très précoce et 2008, très tarif. .... donc patience pour 2010.
effet climat

Je serai amené à vous proposer régulièrement des commentaires sur ce type de courbes qui permet un diagnostic très fin du cycle annuel, en complément de courbes de potentiel en nectar et pollen...

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 09:32

English Summary : Are they too much installations as beekeepers ? too much projects without cash and experience. The cash must be reoriented in bees, as limiting factor. I am helping new bee farms, from hundreds to thousands of hives to reach a rapid efficiency in a sustainable systems..

Resumen español : Habrian demasiadas instalaciones de nuevos apicultores ? Muchos proyectos no son durable por falta de concepcion. La apicultura cambia, con nuevos sistemas de explotacion, con prioridad a las abejas y no al material. Puedo acompañar a apicultores desde cientos hacia miles de colmenas, para conseguir rapidamente a systemas efficientes y durables por medio de metodos modernos de manejo.

La vague des projets d'installation en apiculture ne se dément pas, dans toutes les régions des jeunes et moins jeunes se mettent à rêver de s'installer dans le domaine de l'apiculture, sous l'effet combiné d'une pression médiatique importante, mais aussi d'un marché du miel très demandeur. Faut il en avoir peur ?

DSCF7480
Je vous laisse réfléchir par vous même à la réponse, voici simplement quelque éléments à votre attention :

- L'apiculture, et ceci à l'échelle mondiale, a fréquemment fonctionné de cette façon, avec des vagues d'installation à quelques décennes d'intervalle. Ces vagues coincident souvent avec des périodes de crise pour la filière. En France, par exemple, les années 80 ont vu un boom d'installation avec l'accroissement du chômage, en particulier dans l'Ouest, avec le développement du tournesol qui laissait entrevoir de belles perspectives de récoltes. En réalité, le prix du miel s'est effondré, mais on retrouve encore beaucoup d'apiculteurs installés à cette occasion.

- Un nombre important d'exploitations professionnelles sont à transmettre dans les 5 à 10 ans qui viennet, l'afflux de jeunes repreneurs pourrait sembler assez intéressant dans ce contexte. Cependant les projets actuels sont plutôt des créations, la reprise n'est pas aisée, ni même souhaitée par les nouveaux venus et même dans le cas des successions familiales, la reprise se traduit concrètement par la véritable re-création d'un nouveau système d'exploitation.
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- de nombreux apiculteurs amateurs on cessé l'apiculture, leur matériel, colonies, ruches, petit matériel se retrouve sur un marché de l'occasion et donné à des jeunes qui s'interrogent à cette occasion sur l'opportunité de reprendre l'activité, voire d'en faire un revenu complémentaire ou un métier. C'est l'un des viviers pour les nouveaux apiculteurs. Malheureusement, la plupart des ruches cédées sont vides, il reste donc à les remplir durablement.

- Les installations sont généralement le fait d'apiculteurs proches de la quarantaine, avec une première expérience professionnelle de bon niveau et un pécule personnel permettant de constituer le capital de départ. Or le profil des nouveaux arrivants est assez différent, d'un niveau professionnel plus variable, sans financement propre au départ, alors même que les disponibilités générales de trésorerie sont au plus bas dans l'économie, et que les banques n'assument plus leur rôle. L'illusion de la Dotation Jeunes Apiculteurs ou des indemnités de départ pour les personnes licenciées ne permet pas d'envisager sérieusement une installation.

- L'installation en apiculture prend classiquement une dizaine d'années, c'est ce que confirment les enquêtes sur les systèmes d'exploitation. Or la conjoncture actuelle ne permet pas de tenir toute cette durée compte tenu des niveaux de rémunération et des charges de travail. Or, dans ce contexte, les jeunes installés placent l'essentiel de leur trésorerie dans des projets de foncier, de matériel lourd de déplacement, d'équipements de miellerie qui correspondent à un cheptel qu'ils n'atteindront que dans 5 ans, alors que ces ressources seraient disponibles à bas cout par simple collaboration avec des collègues alors que le facteur limitant est la disponibilité en abeilles de bonne qualité.PC091130

- la principale difficulté actuelle pour un apiculteur professionnel consiste à maintenir le nombre de ruches productives. Accroitre le cheptel, est un défi énorme qui peut se réaliser avec une solide formation, et un savoir faire qui ne s'acquierent pas en un ou deux ans. Or l'effort d'élevage est encore nettement sous estimé, et des petits cheptels ne permettent pas de disposer le volant d'abeille nécessaire pour réaliser en même temps une production de miel, la plus rémunératrice. Il est relativement aisé de passer de 10 à 50 colonies, mais la barrière des 200 ruches s'avère infranchissable dans de nombreux cas, rappelons que nous parlons ici de 200 ruches de production, ce qui nécessite la gestion de 250 à 350 colonies pour que le renouvellement soit assuré.

- On observe à l'échelle mondiale un net mouvement de professionnalisation de l'apiculture, ce mouvement va se traduire par un accroissement de la taille moyenne des exploitations. Les systèmes d'exploitation actuels sont donc maintenant en limite de viabilité, il s'agit de construire de nouvelles formes d'exploitations capables de répondre aux défis de l'apiculture = plus de ruches, meilleure division du travail, plus de présence au rucher, meilleurs outils de gestion, suivi plus tactique de la saison...

- etc, etc...


Ma conclusion :

Le problème n'est pas dans le fait qu'il y ait beaucoup d'installations, mais que beaucoup de ces installations vont aller au casse-pipe de façon quasi mécanique alors qu'une conception moins individualiste des projets et une affectation plus judicieuse des ressources les plus rares : la trésorerie et les abeilles permettrait d'aboutir à des réalisation mieux en accords avec les objectifs des apiculteurs qui s'installent (des apiculteurs qui galèrent moins) , plus efficaces du point de vue de la filière (des apiculteurs qui produisent du miel et des abeilles), et plus rentables (des apiculteurs qui vivent de leur métier).

L'installation engage une personne et son entourage pour les 10 années à venir. Dix années difficiles. Quelle que soit la forte motivation du départ, il est important de pouvoir répondre aux principales questions suivantes :
- quel est mon objectif personnel dans cette installation ? (sous entendu : y a t il d'autre moyens que l'installation pour atteindre cet objectif?)
- quel est le type d'exploitation que je souhaiterais construire ? (la taille de l'exploitation change radicalement les données du business plan).
- suis-je capable d'assurer moi même la croissance de mon exploitation (Bases en conduite des ruches, savoirs faire en élevage)
- est-ce que je dispose de la disponibilité en trésorerie et en temps pour lancer mon exploitation ?


=> j'accompagne des exploitations en développement qui souhaitent atteindre leurs objectifs, qui souhaitent prendre les moyens pour arriver rapidement au régime de croisière (5 ans) et qui sont prêts à réorienter leurs priorités d'investissement sur les facteurs limitants et pas sur le capital foncier ou le matériel... à moins qu'ils n'en aient vraiment les moyens.
=> voir la rubrique "Mes prestations"
=> voir la rubrique "mes publications"


Michel BOCQUET


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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 07:39

English Summary : Official launch of the Wheen Foundation in Sydney, 12/12/2009 : about 120 beekeepers, 14 conferences, mainly about breeding and selection of honeybees. Gretchen Wheen was present, for this day full of emotion, a whole life dedicated at honeybees, and a foundation for the future generation. See the presentation http://theabk.com.au/news/wheen-foundation-support-beekeeping-australia

Resumen español : primeros pasos por la fundacion Wheen, dedicada a la apicultura en Australia. En presencia de la dama, Gretchen, los principales apicultores, cientificos y tecnicos del pais se habian desplazados por assistir a estas conferencias, principalmente dedicadas al mejoramiento de las abejas = genetica, mejoramiento del comportamiento higienico, programas de mejoramiento, lucha contra varroa por la seleccion etc.


Création en Australie d'une fondation dédiée à l'abeille grace à la généreuse donation de Gretchen Wheen.  Gretchen, après avoir consacré l'essentiel de sa vie à l'apiculture et en particulier à l'insémination artificielle des reines d'abeilles, lègue une propriété et une somme importante à la fondation qui porte son nom.

Wheen Foundation Seminar - Mr Alby Schultz

A l'occasion de l'inauguration de la fondation, un séminaire a réuni tout le gratin de l'apiculture Australien, avec les éleveurs et producteurs de miels parmi les plus importants et les plus dynamiques.

Après un mot d'accueil officiel par le Dr Doug Sommerville, qui travaille actuellement a un programme de detection de la nosemose, plusieurs chercheurs se sont succédés devant un auditoire particulièrement attentif :
- Le Dr Ben Oldroyd, de l'université de Sydney a fait un inventaire des difficultés de l'élevage des abeilles
- Le Dr Peter Oxley, de l'Université de Sydney a fait une intéressante conférence sur l'identification des gèns liés au comportement hygiénique chez l'abeille.
- Le Dr Andrew Barron (Macquarie University) a présenté un important travail sur la modélistion des colonies d'abeilles et les raisons possibles d'un effondrement.

Le "morning tea" est l'évènement incontournable de la matinée, et permet de discuter avec les apiculteurs locaux, la plupart provenant de nouvelle Galle du Sud, la principale région apicole Australienne. Quelques apiculteurs de la zone Ouest de l'Australie, et quelques étrangers (USA, Nouvelle Zélande, France) complétaient l'auditoire.
Wheen Foundation Seminar- morning tea
A la reprise, Suzan Cobey, spécialiste internationale de l'insémination et de la sélection chez l'abeille domestique a présenté une communication sur la manière de selectionner l'abeille sur la résistance  à Varroa destructor. Sue est restée en Australie plus d'une quinzaine de jours, pour former les apiculteurs autraliens à l'insémination artificielle des reines, avec  un cours pour débutant d'une semaine, suivi d'un cours d'approfondissement d'une semaine pour les plus aguerris à la techique.

Le Dr Michael Hornitzky a ensuite présenté le rôle des services de quarantaine en Australie, sans doute le plus performant au monde jusqu'à présent, mais qui s'est arrêté, contre l'avis de la filière, après l'interdiction totale d'importation des reines étrangèes par principe de précaution suite à la médiatisation du dossier ccd (Colony Collapse Disorder). C'est un savoir faire qui risque de disparaitre totalement suite à cette décision.

La partie offcielle a vu défiler le Dr Max Whitten, pour présenter le rôle attendu de la Wheen foundation, Mrs Louise Markus a présenté Gretchen Wheen et sa biographie, et Mr Albert Schultz, rapporteur d'un document de synthèse sur l'avenir de la filière miel en Australie, a lancé officiellement la fondation.

Le Lunch a permis à nouveaux de nombreux échanges parmi les participants, avec un entracte sympathique, la mise en vente au enchères de plusieurs ouvrages apicoles légués par Gretchen. On peut cependant déplorer le peu d'entrain de l'assistance à monter les enchères, certains ouvrages, dont des flores apicoles introuvables aujourd'hui sont partis pour une vingtaine de dollars pièce.

L'après midi a débuté sur deux communications scientifiques de bon niveau :
- Dr Suzan Cobey, sur les programmes d'élevage de l'abeille a travers le monde
- Dr Alexandre Christino, sur  la génomique et la réponse environnementale de l'abeille

Wheen Foundation Seminar
Puis des interventions de techniciens et d'apiculteurs ont clos l'après midi :
- La genetique de l'abeille et le programme d'amélioration du cheptel
- Le passé et le présent des schémas d'élevage en Australie
- Le travail sur la sélection de l'abeille pour la résistance à varroa aux USA.

Wheen Foundation Seminaire- conferences

L'assemblée commençait à fatiguer...

Une discussion s'est ensuite engagée, principalement sur la nécessité d'obtenir une abeille au bon comportement hygiénique, il faut bien considérer que la loque américaine est maitrisée chimiquement jusqu'à présent et qu'elle constitue  un problème de fond qui préoccupe les apiculteurs.

L'arrivée de Varroa en Nouvelle Zélande inquiète également beaucoup les apiculteurs Australiens, le continent étant le dernier indemne de Varroa. On ne peut manquer de sourire aux réflexes nationalistes (que l'on retrouve à l'échelle mondiale) qui ont marqué ce débat, ainsi qu'aux réflexions qui ont fusé à cette occasion : les mêmes peurs, les mêmes comportement que ceux que l'on retrouve en Europe sur d'autres sujets. Au fait, et Aethina ?... personne n'a pris la peine d'aborder le sujet. 

Un congrès qui rappelle donc tout à fait les congrès apicoles habituels, ou des communications scientifiques, politiques et techniques intéressantes se gardent bien d'aborder les problème concrets et actuels de l'apiculture locale : situation économique dramatique de certains apiculteurs après des années de sécheresse, Loque américaine omniprésente, mais controlée par médication, Aethina qui fait des dégats variables, mais très importants dans certains zones : Heureusement, ces sujets sont abordés dans le festival "off" des discussions autour du thé.

La soirée se termine, pour les plus courageux, par une visite des locaux et du terrain qui abrite les ruchers de la Wheen foundation.

Merci en tous cas à Gretchen, pour son action en faveur de l'apiculteur, passée et future, que les apiculteurs fassent bon usage de cet outil, ... ce n'est sans doute pas gagné.



Michel BOCQUET






 


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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 11:23
A l'occasion de mes missions d'expertise sur l'abeille, en France mais surtout à l'international, l'une des demandes les plus récurrentes est la suivante : "pouvez nous prouver que notre miel est bien le meilleur du monde ? ". 


Cela peut porter à sourire, mais à force d'entendre ça sur différents continents, on se pose des questions, les démarches officielles de qualité cherchent-elles autre chose en définitive ?

L''éducation au gout, les habitudes alimentaires sont prises très tôt, à des moments ou l'enfant vit dans un cercle très réduit, dans un milieu social protégé et étroit, donc très sensible aux coutumes alimentaires locales, voire familiales. C'est là que se forgent certains gouts fondamentaux, que l'adulte cherche à retrouver par la suite.

C'est particulièrement vrai pour le miel, on le voit bien dans les foires, où bon nombre de consommateurs "n'apprécient pas particulièrement le miel". Par contre si on leur fait gouter un miel qui ressemble à celui de leur enfance, on sent immédiatement qu'on a touché à leur histoire, ils vous racontent leus souvenirs, se livrent à leurs proches, sont immédiatement exités comme des gamins.

C'est dire l'importance de l'éducation au gout dès le plus jeune âge, c'est un élément important du patrimoine culturel. Cette éducation a tendance à se perpétuer d'une génération à l'autre.

Elle doit inclure :
- un attachement particulier à des miels qui ont un ancrage local, le relier à la flore autochtone, par exemple.
- le soucis d'une grande diversité de miels, à la fois monofloraux (acacia, chataignier, lavande, thym, sapin, ...) ou polyfloraux (Garrigue, Montagne, Printemps, ...).
- une variété de modes de consommation : miel médicaments dans certains cas, miel au petit déjeuner, miel au goûter, etc.
- une attention portée aux comportements de consommation : , "avec les doigts" , miel en rayon à la cuillère, tartine ou dissout dans un liquide, ces comportements font partie intégrante du "protocole social" de consommation.

En parcourant le monde des miels, il est vrai qu'on est toujours étonné, même après des années, de la diversité des gouts, des couleurs des miels : sapin, lavande, framboisiers, longane, lychee, kapok, gouderel, etc. Ma collection personnelle est une véritable invitation au voyage.



Bons souvenirs en dégustant le meilleur miel du monde.

Michel BOCQUET


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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 09:22
Je travaille depuis longtemps sur l'alimentation de l'abeille ou sur les produits de la ruche, et il me semble que l'on peut en retirer quelques idées intéressantes sur l'alimentation humaine, je vous en livre 3, en vrac.

- Relation alimentation/comportement : Pour la colonie, la composition de l'aliment a presque moins d'effet que la façon dont il est délivré, les comportements alimentaires sont tout aussi importants : par exemple, pour stimuler la croissance d'une colonie d'abeilles, celle ci a besoin de protéines, sous la forme de pollen. Or il existe une méthode connue depuis très longtemps qui consiste à mettre de la farine sur une planche à l'extérieur du rucher, les butineuses viennent chercher cette poudre, qui n'a aucun intérêt du point de vue alimentaire, puisque sans protéines et avec de l'amidon qui n'est pas digéré par l'abeille. Cette méthode conduit pourtant bien à une stimulation des colonies. Cette constatation se rapproche des conceptions qui mettent en avant la primauté des comportements dans l'alimentation humaine, au même niveau que les régimes alimentaires, par exemple "Les Inuit ne mangent pratiquement que des protéines animales et du gras, et très peu de fruits et légumes. Alors que dans les régions pauvres de l'Asie, d'autres ne mangent que du riz, quelques légumes et jamais de protéines animales... Et cela dure depuis des millénaires ! Ce qui démontre la capacité de notre organisme à trouver un compromis métabolique entre ses besoins et ce dont il dispose dans l'environnement. (Xavier Leverve)"

- Relation valeur alimentaire pour l'individu/valeur alimentaire pour une population : Il y a une différence fondamentale entre la valeur alimentaire d'un produit pour un individu et celle qu'elle a pour une population. J'en veux pour preuve que chez l'abeille, la quasi totalité des expérimentations sur la nutrition, menées sur des toutes petites populations d'abeilles donnent des résultats radicalement différents - souvent inverses- de ceux observés sur des colonies d'abeilles qui expriment totalement leurs comportements sociaux. Je suis toujours dubitatif sur les règlementations qui basent une politique alimentaire (niveau social) sur une extrapolation simple des comportements individuels : c'est une approche épidémiologique, sociologique qui doit être mise en oeuvre dans ce cas.

- Alicament/aliment : A l'heure où les principales multinationales de l'agroalimentaire s'engouffrent dans le concept d'alicament, il est bon de rappeler que le miel est l'un des principaux alicaments utilisés dans le monde depuis des milliers d'années, et je pense que l'industrie l'oublie souvent. Les grands groupes de l'IAA seraient bien inspirés de regarder dans le détail la façon dont fonctionne ce marché. En particulier, même s'il s'agit du même produit  il y a une forte ségrégation comportementale (justement) entre les consommateurs de miel médicament (petites quantités, prix élevés, recherche de certaines spécificités floristiques) et les consommateurs de miel aliments (autres spécialités floristiques, quantités plus importantes, prix plus bas). Cette distinction va même, jusqu'à une différenciation avec la consommation "beauté" (utilisation traditionnelle des miels en shampoings fait maison, par exemple). Un exemple : au Maroc, le prix du miel "médicament" est de l'ordre de 45 €/kg (prix des miels les plus réputés) alors que le prix du miel "aliment" peut s'approcher du prix mondial (quelques €/kg pour le miel de la Marmora).


Michel BOCQUET
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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 00:01

Le butinage de l'abeille, n'est pas toujours perçu positivement par les naturalistes, certains considèrent que l'abeille mange le "pain" des autres insectes, en particulier des insectes protégés, et que l'action des apiculteurs n'est pas forcément favorable en augmentant de façon artificielle la densité des abeilles à un moment donné. (voir par exemple un article à ce sujet sur http://jardinage-entomologique.over-blog.com/article-25673757.html)

Ce sujet est d'actualité car je travaille sur l'abeille en tant que bioindicateur, et lorsqu'on utilise des colonies d'abeilles dans le domaine de la quantification de la biodiversité, l'objectif est de relier l'importance d'une ressource (pollen, nectar) avec la diversité biologique, qu'elle soit végétale ou animale. Il semble bien cependant que lorsque la diversité est présente, il n'y ait pas de problème de concurrence entre les différentes espèces butinant les mêmes espaces. En est il de même dans des espaces trop appauvris ? ... à suivre. C'est la multiplication des sites suivis qui permettra de conclure.

Voici en image, et à titre d'illustration, un exemple de prairie en cours d'enfrichement, pour montrer la cohabitation entre les abeilles et de nombreux autres insectes sur un même lieu d'une surface de trois hectares environ. Je parle bien ici de biodiversité, et pas de productivité, bien entendu, mais les deux ne sont pas forcément indépendantes, voir les études à ce sujet sur la qualité des fromages en fonction de la diversité des prairies.

Le décor : Limite Ardèche et Loire, Vers Saint Sauveur, le 11 juillet 2008, vers 11h00 du matin.

 

Deux ressources principales sur cette prairie (paradoxalement, peu d'insectes sur les ronces du premier plan) :
Voyons un peu les visiteurs pour chacune :








et sur les autres ...


 

 

Et encore, ne s'agit il que d'un simple échantillon, ces petites bêtes ayant du mal à se laisser photographier dans la plupart des cas.

 

 

 

 

 

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