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  • : Michel BOCQUET, Ingenieur agronome, consultant en apiculture ; conseil et expertise dans les domaines liés à l'abeille, les produits de la ruche, la pollinisation, l'utilisation des abeilles comme bioindicateurs de l'environnement. Michel BOCQUET, Agronomist, apiculturist : specialist in honeybees, bee products, pollination, environment monitoring with bees as bio indicator.
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 09:32

English Summary : Are they too much installations as beekeepers ? too much projects without cash and experience. The cash must be reoriented in bees, as limiting factor. I am helping new bee farms, from hundreds to thousands of hives to reach a rapid efficiency in a sustainable systems..

Resumen español : Habrian demasiadas instalaciones de nuevos apicultores ? Muchos proyectos no son durable por falta de concepcion. La apicultura cambia, con nuevos sistemas de explotacion, con prioridad a las abejas y no al material. Puedo acompañar a apicultores desde cientos hacia miles de colmenas, para conseguir rapidamente a systemas efficientes y durables por medio de metodos modernos de manejo.

La vague des projets d'installation en apiculture ne se dément pas, dans toutes les régions des jeunes et moins jeunes se mettent à rêver de s'installer dans le domaine de l'apiculture, sous l'effet combiné d'une pression médiatique importante, mais aussi d'un marché du miel très demandeur. Faut il en avoir peur ?

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Je vous laisse réfléchir par vous même à la réponse, voici simplement quelque éléments à votre attention :

- L'apiculture, et ceci à l'échelle mondiale, a fréquemment fonctionné de cette façon, avec des vagues d'installation à quelques décennes d'intervalle. Ces vagues coincident souvent avec des périodes de crise pour la filière. En France, par exemple, les années 80 ont vu un boom d'installation avec l'accroissement du chômage, en particulier dans l'Ouest, avec le développement du tournesol qui laissait entrevoir de belles perspectives de récoltes. En réalité, le prix du miel s'est effondré, mais on retrouve encore beaucoup d'apiculteurs installés à cette occasion.

- Un nombre important d'exploitations professionnelles sont à transmettre dans les 5 à 10 ans qui viennet, l'afflux de jeunes repreneurs pourrait sembler assez intéressant dans ce contexte. Cependant les projets actuels sont plutôt des créations, la reprise n'est pas aisée, ni même souhaitée par les nouveaux venus et même dans le cas des successions familiales, la reprise se traduit concrètement par la véritable re-création d'un nouveau système d'exploitation.
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- de nombreux apiculteurs amateurs on cessé l'apiculture, leur matériel, colonies, ruches, petit matériel se retrouve sur un marché de l'occasion et donné à des jeunes qui s'interrogent à cette occasion sur l'opportunité de reprendre l'activité, voire d'en faire un revenu complémentaire ou un métier. C'est l'un des viviers pour les nouveaux apiculteurs. Malheureusement, la plupart des ruches cédées sont vides, il reste donc à les remplir durablement.

- Les installations sont généralement le fait d'apiculteurs proches de la quarantaine, avec une première expérience professionnelle de bon niveau et un pécule personnel permettant de constituer le capital de départ. Or le profil des nouveaux arrivants est assez différent, d'un niveau professionnel plus variable, sans financement propre au départ, alors même que les disponibilités générales de trésorerie sont au plus bas dans l'économie, et que les banques n'assument plus leur rôle. L'illusion de la Dotation Jeunes Apiculteurs ou des indemnités de départ pour les personnes licenciées ne permet pas d'envisager sérieusement une installation.

- L'installation en apiculture prend classiquement une dizaine d'années, c'est ce que confirment les enquêtes sur les systèmes d'exploitation. Or la conjoncture actuelle ne permet pas de tenir toute cette durée compte tenu des niveaux de rémunération et des charges de travail. Or, dans ce contexte, les jeunes installés placent l'essentiel de leur trésorerie dans des projets de foncier, de matériel lourd de déplacement, d'équipements de miellerie qui correspondent à un cheptel qu'ils n'atteindront que dans 5 ans, alors que ces ressources seraient disponibles à bas cout par simple collaboration avec des collègues alors que le facteur limitant est la disponibilité en abeilles de bonne qualité.PC091130

- la principale difficulté actuelle pour un apiculteur professionnel consiste à maintenir le nombre de ruches productives. Accroitre le cheptel, est un défi énorme qui peut se réaliser avec une solide formation, et un savoir faire qui ne s'acquierent pas en un ou deux ans. Or l'effort d'élevage est encore nettement sous estimé, et des petits cheptels ne permettent pas de disposer le volant d'abeille nécessaire pour réaliser en même temps une production de miel, la plus rémunératrice. Il est relativement aisé de passer de 10 à 50 colonies, mais la barrière des 200 ruches s'avère infranchissable dans de nombreux cas, rappelons que nous parlons ici de 200 ruches de production, ce qui nécessite la gestion de 250 à 350 colonies pour que le renouvellement soit assuré.

- On observe à l'échelle mondiale un net mouvement de professionnalisation de l'apiculture, ce mouvement va se traduire par un accroissement de la taille moyenne des exploitations. Les systèmes d'exploitation actuels sont donc maintenant en limite de viabilité, il s'agit de construire de nouvelles formes d'exploitations capables de répondre aux défis de l'apiculture = plus de ruches, meilleure division du travail, plus de présence au rucher, meilleurs outils de gestion, suivi plus tactique de la saison...

- etc, etc...


Ma conclusion :

Le problème n'est pas dans le fait qu'il y ait beaucoup d'installations, mais que beaucoup de ces installations vont aller au casse-pipe de façon quasi mécanique alors qu'une conception moins individualiste des projets et une affectation plus judicieuse des ressources les plus rares : la trésorerie et les abeilles permettrait d'aboutir à des réalisation mieux en accords avec les objectifs des apiculteurs qui s'installent (des apiculteurs qui galèrent moins) , plus efficaces du point de vue de la filière (des apiculteurs qui produisent du miel et des abeilles), et plus rentables (des apiculteurs qui vivent de leur métier).

L'installation engage une personne et son entourage pour les 10 années à venir. Dix années difficiles. Quelle que soit la forte motivation du départ, il est important de pouvoir répondre aux principales questions suivantes :
- quel est mon objectif personnel dans cette installation ? (sous entendu : y a t il d'autre moyens que l'installation pour atteindre cet objectif?)
- quel est le type d'exploitation que je souhaiterais construire ? (la taille de l'exploitation change radicalement les données du business plan).
- suis-je capable d'assurer moi même la croissance de mon exploitation (Bases en conduite des ruches, savoirs faire en élevage)
- est-ce que je dispose de la disponibilité en trésorerie et en temps pour lancer mon exploitation ?


=> j'accompagne des exploitations en développement qui souhaitent atteindre leurs objectifs, qui souhaitent prendre les moyens pour arriver rapidement au régime de croisière (5 ans) et qui sont prêts à réorienter leurs priorités d'investissement sur les facteurs limitants et pas sur le capital foncier ou le matériel... à moins qu'ils n'en aient vraiment les moyens.
=> voir la rubrique "Mes prestations"
=> voir la rubrique "mes publications"


Michel BOCQUET


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Published by Michel BOCQUET - dans Points de vue
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commentaires

goudou armand magloire 27/02/2013

c'est merveilleux ce que vous faites.En même temps j'ai peur car je nourris le rêve depuis plus de cinq ans de promouvoir l'emploi dans l'apiculture en mettant en valeur nos forêts classées.une
fois vos expériences parcourues j'ai vraiment peur.je me demande si avec vous on peut établir un pont entre votre pays et mon BENIN?

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